La FCA (Financial Conduct Authority) est l’autorité qui encadre les services financiers au Royaume-Uni, dont les brokers forex et CFD. C’est l’un des régulateurs dits « tier 1 » : levier plafonné, argent des clients séparé de celui de la société, médiateur indépendant et fonds d’indemnisation jusqu’à 85 000 £ en cas de faillite. Mais depuis le Brexit, une licence FCA ne permet plus de servir librement un client résidant en France, et le logo FCA est l’un des plus copiés par les escrocs. Voici comment lire une autorisation FCA, la vérifier sur le registre et savoir si elle vous protège, vous.
Cet article fait partie de notre dossier sur l’arnaque forex et la lecture des licences.
Qu’est-ce que la FCA ?
La Financial Conduct Authority supervise le comportement des entreprises financières britanniques depuis 2013, date à laquelle elle a succédé à l’ancienne FSA. Elle délivre les autorisations, fixe les règles de commercialisation, contrôle les sociétés et peut sanctionner, retirer une autorisation ou publier des mises en garde.
Pour un trader forex, trois missions comptent :
- l’autorisation des brokers qui proposent du forex et des CFD aux particuliers ;
- les règles de protection : levier, information sur les risques, conservation de l’argent des clients ;
- la lutte contre les sociétés non autorisées et les clones, via sa liste d’avertissements (FCA Warning List).
Ce que protège vraiment une licence FCA
Un levier plafonné pour les particuliers
Depuis le 1er août 2019, les règles permanentes de la FCA (déclaration de politique PS19/18) limitent le levier des clients particuliers sur les CFD selon le sous-jacent : 30:1 sur les paires de devises majeures, puis des plafonds plus bas pour les autres paires, l’or, les indices, les matières premières et les actions. Elles imposent aussi une clôture des positions quand la marge tombe à 50 % du minimum requis, la protection contre le solde négatif et un avertissement standardisé indiquant la part de clients qui perdent de l’argent. Les dérivés sur crypto-actifs, eux, sont interdits à la vente aux particuliers depuis le 6 janvier 2021.
L’argent des clients séparé
Les règles dites CASS obligent le broker à conserver l’argent des clients sur des comptes séparés de ses fonds propres. Si la société fait faillite, cet argent n’appartient pas à ses créanciers.
Le FSCS : jusqu’à 85 000 £ si la société fait faillite
Le Financial Services Compensation Scheme indemnise les clients d’une société d’investissement défaillante jusqu’à 85 000 £ par personne et par société (pour les défaillances postérieures au 1er avril 2019). Deux précisions importantes :
- le FSCS ne couvre jamais les pertes de marché : une position perdante reste perdue ;
- le relèvement du plafond à 120 000 £ au 1er décembre 2025 concerne les dépôts bancaires, pas les comptes chez un broker, qui restent à 85 000 £.
Le Financial Ombudsman Service
En cas de litige avec un broker autorisé (exécution d’ordres, frais, refus de retrait), vous pouvez saisir le Financial Ombudsman Service après avoir épuisé la réclamation interne. Depuis le 1er avril 2026, il peut imposer une indemnisation jusqu’à 455 000 £ pour des faits postérieurs au 1er avril 2019.
Brexit : une licence FCA vous concerne-t-elle encore en France ?
Jusqu’à la fin de la période de transition, le 31 décembre 2020, un broker britannique pouvait utiliser son « passeport » européen pour servir des clients français. Ce n’est plus le cas. Concrètement :
- un groupe qui affiche une licence FCA ouvre en général les comptes de ses clients européens dans une filiale de l’Union européenne (souvent à Chypre, en Irlande ou ailleurs dans l’UE), régulée localement et passeportée en France ;
- dans ce cas, ce n’est pas la FCA qui vous protège, mais le régulateur de cette filiale, et c’est son fonds d’indemnisation qui s’applique (par exemple l’ICF à Chypre, décrit dans notre article sur la régulation CySEC) ;
- si un site vous rattache à l’entité britannique alors que vous résidez en France, demandez par écrit sur quelle base juridique ; les protections FCA ne valent que pour les clients réellement servis par l’entité autorisée.
Autrement dit, « régulé par la FCA » sur la page d’accueil ne dit rien de la société qui tiendra votre compte. Lisez le contrat client.
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Vérifier un broker sur le FCA Register, étape par étape
Le FCA Register est public et gratuit. Voici comment le lire.
- Trouvez le FRN. Chaque société autorisée a un Firm Reference Number, généralement à six chiffres, qui doit figurer en pied de page du site et dans le contrat.
- Cherchez par FRN, pas par nom. Tapez le numéro dans le registre : plusieurs sociétés peuvent porter des noms proches.
- Lisez le statut. Il doit indiquer « Authorised ». « No longer authorised », « Cancelled » ou « Unauthorised » sont rédhibitoires.
- Vérifiez les permissions. L’onglet des activités autorisées doit inclure la négociation d’instruments financiers pour compte propre ou de tiers et l’accès à des clients particuliers (« retail »).
- Comparez les coordonnées. Le registre liste les sites web, adresses et téléphones de la société. Si le site sur lequel vous êtes n’y figure pas, vous êtes peut-être sur un clone.
- Repérez les mentions de mise en garde. Le registre signale les sociétés clonées (« clone firm ») et renvoie vers la FCA Warning List.
Les pièges de lecture fréquents
- « Appointed representative » : la société n’est pas autorisée elle-même, elle agit sous la responsabilité d’un mandant autorisé. C’est légal, mais vérifiez qui est ce mandant et quelles activités sont couvertes.
- « Registered » pour les crypto-actifs : une société enregistrée auprès de la FCA au titre de la lutte anti-blanchiment n’est pas pour autant autorisée à vous proposer du trading avec effet de levier.
- Un FRN qui renvoie vers une autre société : c’est la signature d’un clone. Les escrocs empruntent souvent le numéro d’une société réelle.
Les signaux d’alerte propres aux faux brokers « FCA »
- un badge « FCA approved » ou « FCA certified » : la FCA autorise des sociétés, elle ne délivre pas de label à afficher comme une garantie de sérieux ;
- un levier de 1:200 ou plus offert à un particulier par une entité qui se dit FCA ;
- une adresse e-mail en gmail ou outlook, ou un numéro de téléphone absent du registre ;
- un interlocuteur qui insiste pour que vous déposiez en crypto-actifs ou par virement vers un pays tiers ;
- un « agent de la FCA » qui vous appelle pour vous aider à récupérer des fonds contre paiement : la FCA ne le fait jamais.
Si l’un de ces signaux apparaît, consultez aussi les listes noires de l’AMF et relisez les schémas décrits dans notre guide sur l’arnaque forex.
FCA, CySEC, ASIC : quelles différences pour un trader français ?
| Critère | FCA (Royaume-Uni) | CySEC (Chypre, UE) | ASIC (Australie) |
|---|---|---|---|
| Levier max. paires majeures (particulier) | 30:1 | 30:1 | 30:1 |
| Solde négatif protégé | Oui | Oui | Oui |
| Fonds d’indemnisation | FSCS, 85 000 £ | ICF, 90 % plafonnés à 20 000 € | Pas de fonds dédié aux CFD |
| Médiateur | Financial Ombudsman Service | Médiateur financier de Chypre | AFCA |
| Peut servir un résident français | Non depuis le Brexit (filiale UE à la place) | Oui si passeporté | Non |
Les trois régulateurs appliquent des règles comparables sur le levier ; la différence se joue sur le fonds d’indemnisation et, surtout, sur le droit de vous servir depuis la France. Pour l’Australie, voyez notre article sur la régulation ASIC.
Licence FCA et broker offshore du même groupe
Beaucoup de groupes combinent une licence FCA et une licence offshore (Seychelles, Vanuatu, Maurice…). La société offshore propose un levier bien plus élevé et des conditions d’ouverture plus souples, mais aucune des protections décrites plus haut ne s’y applique : ni FSCS, ni Financial Ombudsman Service, ni plafond de levier. Si l’on vous propose « le même compte avec plus de levier », c’est presque toujours que vous changez d’entité. Avant d’accepter, relisez notre explication sur les contrats CFD et le rôle du levier dans les pertes.
FAQ : FCA et brokers forex
Comment vérifier qu’un broker est régulé par la FCA ?
Relevez son FRN sur le site ou dans le contrat, puis cherchez-le sur le FCA Register. Le statut doit être « Authorised », les permissions doivent couvrir le trading pour des particuliers et les coordonnées doivent correspondre au site que vous consultez.
Un broker FCA peut-il accepter un client français ?
Depuis la fin du passeport européen au 31 décembre 2020, une entité britannique ne peut plus démarcher librement des clients en France. Les groupes concernés orientent les résidents européens vers une filiale régulée dans l’Union européenne.
Le FSCS couvre-t-il les pertes de trading ?
Non. Le FSCS intervient uniquement si la société autorisée fait faillite et ne peut pas restituer l’argent de ses clients, dans la limite de 85 000 £ par personne et par société. Les pertes de marché ne sont jamais indemnisées.
Que veut dire FCA pour un broker forex ?
Que la société britannique qui exploite le compte est autorisée et supervisée par la Financial Conduct Authority. Cela ne dit rien des autres sociétés du groupe, qui peuvent être régulées ailleurs, y compris offshore.
Qu’est-ce qu’une société clone FCA ?
C’est une entité frauduleuse qui usurpe le nom, l’adresse ou le FRN d’une société réellement autorisée. La FCA les signale sur son registre et dans sa Warning List ; la comparaison des coordonnées permet de les repérer.
Avertissement : les CFD et le trading de devises avec effet de levier présentent un risque élevé de perte rapide en capital. La majorité des comptes de particuliers perdent de l’argent. Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.
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Ouvrir un compte chez VantageLe trading du forex et des CFD comporte un risque élevé de perte en capital.